L'orientation des exploitations normandes en agriculture biologique reste le reflet des productions traditionnelles de région : élevage bovin (lait et viande) à 50 %, puis céréales, maraîchage et fruits (dont pommes à cidre). Viennent ensuite quelques ateliers diversifiés : brebis, poules pondeuses, volailles de chair, chèvres, plantes à parfum, aromatiques et médicinales, porcs…
En 2009, la Normandie compte 698 exploitations en agriculture biologique (+ 20 % par rapport à 2008) pour 36 430 hectares en bio ou en conversion (+ 15 % par rapport à 2008). Les surfaces normandes en bio et en conversion représentent moins de 2 % de la SAU régionale (ce taux atteint 2,6 % en Basse-Normandie, 0,6 % en Haute-Normandie et 2,5 % au niveau national).
La Normandie est la 8e région française par le nombre d'exploitations conduites selon le mode biologique. La taille moyenne de ces exploitations est de 52 hectares. Les exploitations bio sont presque toutes exclusivement en bio (avec parfois des conversions progressives). Les exploitations mixtes bio + conventionnel sont rares.
La consommation française de produits bio se développe
Face à la crise, les produits bio résistent et s'ancrent dans le mode de consommation alimentaire des Français, selon les résultats du 7e baromètre Agence Bio / CSA.
En 2009, 46 % des Français consomment un produit bio au moins une fois par mois (contre 37 % en 2003), 17 % en consomment au moins une fois par semaine, 9 % tous les jours. Parmi les principales motivations d'achat figurent : la préservation de la santé (95 %), la préservation de l'environnement (94 %), le fait que les produits soient sains (91 %), la qualité et le goût des produits (87 %).
Les produits bio attirent de nouveaux consommateurs : 20 % des acheteurs disent en consommer depuis moins de deux ans. Les principaux produits "recruteurs" sont : le lait, le pain, les biscuits et produits pour le petit déjeuner, le vin, les jus de fruits.
Si les produits bio recrutent, ils fidélisent également : les consommateurs bio ont une ancienneté moyenne de 10 ans.
Comme les années précédentes, les produits bio les plus fréquemment achetés sont : les fruits et légumes (80 % des consommateurs), les produits laitiers (71 %), les œufs (62 %). Viennent ensuite les produits d'épicerie : huile, pâtes, riz (56 %), la viande (49 %), les boissons (43 %), le pain (42 %).
En terme de chiffre d'affaires, les produits bio sont essentiellement commercialisés dans trois circuits de distribution : 42 % pour les grandes et moyennes surfaces alimentaires, 40 % pour les magasins spécialisés bio (indépendants ou en réseau), 13 % en vente directe et 5 % chez les artisans commerçants.
Les lieux d'achat se multiplient et se diversifient : les grandes surfaces demeurent incontournables (72 % des consommateurs bio y réalisent des achats en 2009) devant les marchés (42 %), les magasins spécialisés (31 %), la vente directe à la ferme (24 %) et les artisans (bouchers, boulangers) pour 21 %.
En France, entre 2008 et 2009, la consommation des produits bio a augmenté de 15 % pour atteindre 3 milliards € contre 2,6 milliards en 2008 (doublement par rapport à 2005). Pour 2009, l'Agence bio estime que 38 % des produits bio consommés en France sont importés (dont fruits et légumes exotiques, thé, café), mais aussi en lait, céréales, fruits et légumes.
30/03/2012 Portes ouvertes sur la ferme vitrine régionale bio Vous êtes éleveurs laitiers, conseillers agricoles, enseignants ou étudiants, rendez-vous à la porte ouverte au GAEC Guilbert à Tracy Bocage (14) près de Villers-Bocage.
Perspectives pour l’agriculture biologique en Normandie
La région recherche de nouveaux producteurs
En s’appuyant sur les signaux positifs de marché, d’incitation financière, et d’initiatives innovantes, ce mode de production est amené à se développer dans la région. Le principal frein au développement résidera dans le nombre d’agriculteurs favorables au changement.
Les signaux positifs liés au marché
Ils s’observent au travers des sondages : la consommation et la demande de produits bio ne font que progresser. Les filières sont toujours à la recherche de nouveaux producteurs, particulièrement en porcs, volailles, légumes et céréales.
Pour éviter un afflux trop important de matières premières sur les marchés, les collecteurs et transformateurs peuvent être amenés à temporiser ponctuellement les accompagnements à la conversion, ce que l'on observe, fin 2010 et début 2011, en filière laitière bio.
Dans la région, il existe de nombreuses exploitations par exemple, de type herbager ou avec des modes de conduite déjà proches de l’agriculture biologique, qui constituent un réservoir de conversion pour répondre à cette demande.
Les signaux positifs d’incitation financière
Ils se déclinent au travers :
de plus-values substantielles sur l'ensemble des filières,
d’un dispositif d’aides à la conversion et de maintien en agriculture biologique,
d’un crédit d’impôts pour les producteurs biologiques,
du soutien financier des collectivités locales sur les investissements spécifiques à l’agriculture biologique et sur les coûts de certification,
Les techniques et initiatives innovantes
Côté technique, on peut constater que l’agriculture biologique constitue un laboratoire de techniques en phase avec les attentes de la société et la réorientation des soutiens de la PAC : compostage des effluents, désherbage mécanique, couverture de sols, cultures associées, certification, allongement des rotations, …
Dans la région, les agriculteurs biologiques s’organisent et ont créé :
une plate-forme d’approvisionnement pour les repas bio dans les cantines,
des AMAP et collectifs d'achat, association permettant de contracter entre consommateurs et producteurs pour la fourniture régulière de denrées («paniers bio»),
des SARL de commercialisation de produits bio, l’une de produits laitiers proposés aux détaillants locaux, et l’autre de viandes bio proposées dans des circuits autres que GMS.
Une incitation politique
Le Grenelle de l’Environnement vise dans un premier temps 6 % de la SAU en bio en 2012 et dans un second 20 % en 2020, contre 2,5 % actuellement. Par ailleurs, la volonté est affichée d’atteindre 20 % de produits bio dans la restauration collective en 2012, soit 1 repas bio par semaine, en commençant par la restauration collective publique. Pour atteindre ces objectifs, un plan de développement a été annoncé. Il prévoit entre autres des fonds pour la structuration des filières bio, un financement accru de l’agriculture biologique via la révision de la PAC, la mobilisation de l’enseignement agricole avec la conversion de certaines fermes de lycées agricoles.