Epandages de boues de station d'épuration

Mise à jour le 19 décembre 2011

La position de la Chambre d’agriculture


La Chambre d’agriculture a clairement défini sa position concernant les épandages de boues de stations d’épuration.

La Chambre d’agriculture accepte les épandages de boues et déchets en agriculture, à condition :
  • que les produits épandus présentent un intérêt agronomique et respectent la réglementation
  • qu’ils n’interviennent pas en concurrence avec les effluents agricoles (la priorité est donnée aux effluents d’élevage, puis aux sous-produits agro-alimentaires, avant l’épandage de boues)
  • que les épandages soient réalisés en toute transparence, dans le cadre réglementaire. Le producteur de boues doit ainsi mettre en place un suivi agronomique des épandages ;
  • qu’ils se fassent selon le principe du «zéro euro rendu racine». (transport et épandage à la charge de la station d'épuration ou de l'industriel)

Cette position s’est toujours voulue «responsable» dans le contexte d’un département fortement urbanisé et industrialisé et en considérant que, comme l’a confirmé un audit national, l’épandage est la solution la plus satisfaisante à ce jour en termes écologiques et économiques pour éliminer les boues de stations d’épuration.

Cependant, le recyclage des boues et déchets sur les sols agricoles n’est pas sans risque. Aussi la Chambre d’agriculture souhaite être assurée de la mise en œuvre effective du fonds de garantie permettant de couvrir les accidents éventuels.

Cette position, exprimée auprès des élus locaux, de l’Administration, des partenaires de la filière montre la contribution positive de l’agriculture à ce besoin de la société.

Cette position ne peut s’affirmer durablement que si cette contribution du monde agricole est réellement reconnue et si elle ne crée pas de contraintes supplémentaires pour la conduite et l’avenir des exploitations volontairement engagées dans cette démarche.

Tenant compte de cette position, l’organisation suivante a été retenue :
  • la Chambre d’agriculture par le Pôle Territoires assure une veille réglementaire et un relais auprès de l’A.P.C.A., et se positionne comme bureau d’études sur un certain nombre de dossiers (réalisation d’études de périmètre d’épandage, suivis agronomiques) 
  • la M.I.R.S.P.A.A., association co-financée par divers organismes dont la Chambre d’agriculture, joue le rôle d’expert, assure l’organisation et la coordination départementale de la filière d’épandage et émet un avis auprès des services de la Préfecture sur les dossiers d’épandage.

Ce qu’il faut savoir de la réglementation

Le décret n° 97-1133 du 8 décembre 1997 relatif à l’épandage des boues issues du traitement des eaux usées urbaines, et son arrêté d’application du 8 janvier 1998, fixent le cadre réglementaire que doivent respecter les épandages de boues. Les matières de vidange issues de l’assainissement non collectif sont soumises à la même réglementation. Les points principaux sont énoncés ci-après :

Tout épandage est soumis au dépôt d’une étude préalable qui comprend :
  • une caractérisation des boues
  • une étude du périmètre d’épandage
  • une présentation du schéma d’organisation des épandages
  • les conventions de mise à disposition des parcelles d’épandage par les exploitants

Les teneurs des boues en éléments-traces métalliques et composés traces-organiques doivent respecter des valeurs seuils définies par la réglementation.

Les boues issues du traitement des eaux usées industrielles sont soumises à une réglementation semblable à celle concernant les boues des collectivités.

Les règles d’épandage applicables aux boues sont similaires à celles applicables aux effluents d’élevage.

La réalisation des épandages s’accompagne de la mise en place d’un suivi des épandages qui comprend :
  • un suivi analytique des boues
  • un suivi analytique des sols
  • un suivi de la fertilisation
  • la tenue du cahier d’épandage



Pôle Territoires

La réalisation des études de périmètre et des suivis agronomiques des épandages de boues de stations d'épuration est assurée par Anne FRÉGER et Sarah PASCAL.
Tél : 02 35 59 44 84
territoires@seine-maritime.chambagri.fr

Epandage de boues de station d'épuration et conditionnalité des aides PAC


Depuis 2005, tout agriculteur recevant pour épandage sur ses parcelles, des boues de station d’épuration (provenant de communes ou d’industries) doit, pour bénéficier des aides directes, pouvoir présenter un accord écrit ou un contrat d'épandage entre lui-même et le producteur de boues. En cas de contrôle, le défaut de présentation de ce document pourra entraîner des pénalités financières prélevées sur les aides directes PAC.

Pour être valable, cet accord écrit doit comprendre les 3 renseignements suivants :
- nom ou dénomination sociale de l'agriculteur et du producteur de boues,
- adresse de l'agriculteur et du producteur de boues,
- signature de l'agriculteur et du producteur de boues.
En absence d'accord écrit ou si au moins un des renseignements précédents est absent, l'anomalie sera de 3 % sur la directive "Epandage des boues d'épuration".
 
Pour être complet, cet accord écrit doit comporter les données suivantes :
- la liste des parcelles concernées par l'épandage ; 
- la référence de l'arrêté préfectoral d'autorisation des épandages,
ou le récépissé de déclaration relatif à l'épandage envisagé,
ou, à défaut, la copie de la lettre du service chargé de la police de l'eau attestant que les pratiques d'épandage respectent les prescriptions prévues par la réglementation nationale,
ou attestation sur l’honneur du producteur de boues reconnaissant qu’il n’est pas soumis au seuil de déclaration des épandages
- l'engagement écrit du producteur à épandre dans les règles.
Si au moins une des données précédentes est absente, l'anomalie sera de 1 % sur la directive "Epandage des boues d'épuration". Une remise en conformité est possible sous 3 mois.

Si l'agriculteur ne possède pas les éléments nécessaires, il doit se renseigner auprès du producteur de boues. Télécharger une lettre type.


Pour en savoir plus

L’A.D.E.M.E., (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie), établissement public sous la tutelle des ministères de l’Environnement, de l’Industrie et de la Recherche, a édité un dossier documentaire intitulé « Les boues d’épuration municipales et leur utilisation en Agriculture ».

Ce dossier aborde successivement :
  • les techniques d’assainissement et d’épuration
  • la nature des sous-produits dont les boues d’épuration
  • la réalité des pratiques d’épandage en France et en Europe
  • les risques potentiels et leur maîtrise effective
  • la réglementation
  • les données économiques
  • les alternatives possibles

Vous pouvez le retrouver sur le site www.ademe.fr

La M.I.R.S.P.A.A., Mission Interdépartementale pour le Recyclage des Sous-Produits de l’Assainissement en Agriculture, est à la disposition des collectivités, des exploitants de station d’épuration, et des agriculteurs concernés par des opérations d’épandage en Haute-Normandie. 

Elle peut :
  • assurer une expertise sur la valeur agronomique des boues,
  • apporter un appui pour la régularisation des épandages et la consultation des bureaux d’études spécialisés.